Édition Sud de l’Aisne
Avec ses 5 à 6 cm d’envergure, la tégénaire figure parmi les plus grandes araignées que l’on puisse rencontrer dans nos habitations. Son corps brun et ses longues pattes velues impressionnent, tout comme ses déplacements rapides. Mais cette vitesse spectaculaire n’a rien d’une charge offensive : lorsqu’elle se sent menacée, la tégénaire domestique cherche avant tout à prendre la fuite. Elle vit généralement dans une toile en forme de nappe, installée dans un angle sombre. Au fond se trouve un tunnel où elle attend ses proies. Mouches, moustiques, poissons d’argent ou autres petits insectes peuvent ainsi finir au menu. L’araignée contribue donc naturellement à réguler les petites populations d’insectes présentes dans la maison. Si les tégénaires semblent soudainement plus nombreuses à l’intérieur à la fin de l’été, ce n’est pas parce qu’elles cherchent désespérément à se mettre au chaud. Cette période correspond surtout à la reproduction. Les mâles quittent leur toile et parcourent leur environnement à la recherche d’une femelle. C’est alors qu’ils peuvent traverser un salon, une cave ou se retrouver coincés dans une baignoire. Face à l’être humain, leur comportement reste essentiellement défensif. Une tégénaire ne cherche pas à attaquer et une morsure est exceptionnelle. Ses chélicères (pinces ou crochets articulés près de la bouche) sont peu adaptés à la perforation de la peau humaine et son venin ne représente pas un danger pour l’homme. Les histoires d’araignées pondant sous la peau ou profitant du sommeil pour entrer dans la bouche relèvent, elles, de légendes urbaines. Alors, que faire si une tégénaire se retrouve dans la baignoire ? Plutôt que le balai ou la chaussure, un récipient et une feuille de carton permettent de la récupérer délicatement avant de la relâcher dehors. Dans la maison, sa présence est loin d’être une catastrophe : cette grande colocataire travaille gratuitement, ne demande aucun loyer et participe à la chasse aux insectes indésirables. Une raison suffisante pour lui laisser une petite place dans nos murs.