À l’origine du projet, une initiative collective des acteurs locaux de la profession, décidés à mutualiser les demandes sans renoncer à leur indépendance ni à la relation humaine.
Dans un métier longtemps exercé en solitaire, ce rapprochement marque un changement de culture. L’idée a vu le jour collectivement parmi les acteurs locaux de la profession.
Mûri depuis plus d’un an, le projet a nécessité six mois de préparation pour réunir des professionnels autour d’une même vision du service.
Clément Passebecq en assure aujourd’hui la présidence. Les artisans sont principalement implantés dans l’agglomération, avec un professionnel d’Esternay.
Un groupement d’intérêt économique, ou GIE, permet à plusieurs entreprises de partager certains moyens pour développer leur activité. Les membres conservent leur clientèle et leur indépendance, mais peuvent mutualiser un standard, des outils ou, à terme, du personnel. Ici, la priorité est commerciale et opérationnelle. Le GIE entend répondre collectivement aux demandes d’assistance, aux retours de dépannage et aux courses ponctuelles.
Grâce à une centrale commune, l’appel pourra sonner successivement chez les taxis disponibles : le premier qui répond prend la course. Pour le client, fini la succession de numéros composés sans savoir qui pourra venir. Pour les artisans, le système doit limiter les demandes perdues et mieux répartir l’activité. Les plateformes ont habitué les voyageurs à commander presque instantanément.
À la gare de Château-Thierry comme le week-end, les taxis locaux disent ressentir plus fortement la concurrence des VTC. Le groupement veut répondre sur le même terrain technologique tout en préservant la relation humaine : accueil, aide à la montée, arrêt à la pharmacie ou attention portée aux personnes fragiles. Ses membres sont également conventionnés pour effectuer du transport sanitaire.
Le GIE nourrit déjà une autre ambition : participer au transport à la demande de l’agglomération. Certaines dessertes pourraient, selon ses membres, être assurées plus souplement par des véhicules adaptés au nombre réel de passagers. Le projet doit encore être présenté aux élus. Pour l’heure, les onze taxis avancent avec prudence. D’autres professionnels pourront rejoindre la structure lorsque son fonctionnement aura fait ses preuves. Derrière cette alliance se dessine une réponse locale à l’ “ubérisation” : utiliser les outils du numérique sans renoncer à la proximité, et faire de concurrents indépendants une force collective.



