Son père était menuisier, sa mère était “au foyer”, François Dieux, né le 10 septembre 1958, est l’aîné d’une fratrie de trois dont l’enfance se déroule, aux marges de l’Aisne, à Mareuil-sur-Ourcq dans l’Oise. Parcours classique : collège à la Ferté-Milon, lycée à Meaux, Ecole normale à Laon, études complémentaires en philosophie, le voilà à 20 ans instituteur à Trélou-sur-Marne. L’intermède du service militaire lui affecte d’autres élèves, des sous-officiers à qui il donne des cours de... français !
Instituteur, puis professeur
Retour à la vie civile, une école primaire à Fresnes-en-Tardenois et en même temps l’université de Reims et l’obtention non sans mal du fameux CAPES. C’est le tournant. Le jeune homme est titularisé professeur de philosophie et ce sera désormais toute sa vie d’enseignant en lycée : d’abord un an à Soissons, puis quatre ans à Laon, enfin à partir de 1999 à Château-Thierry, le lycée Jean de La Fontaine. Jusqu’à sa retraite en 2018. L’engagement a précédé. Depuis de longues années, à Pavant puis aussi à Château-Thierry, une très efficace participation à des cafés…. philo qui facilitent l’apprentissage et l’échange des idées. Et aussi la défense des droits humains au sein de la section locale de la LDH (dont il a été le président de 2012 à 2015). Et encore cette Université populaire, une association dont la progression est constante depuis sa création en 2017 et dont il assume depuis 2022 la responsabilité : au total 74 adhérents cette année ; un programme éclectique de 9 conférences chaque saison (voir en encadré le programme des prochaines séances) : la nouveauté de cycles - Ukraine en 2025, religions en 2026 - ; une moyenne de 55 participants par conférence et un pic à près de 90 en mars dernier lorsque la psychologue Nathalie von Zelowitz est venu parler de son “patient cannibale” de la prison de Château-Thierry. Quand on lui demande son appréciation du monde actuel, François Dieux ne se dérobe pas : « Je suis assez angoissé par un certain délitement, pas seulement au plan écologique ». Et d’énumérer : « la crise des démocraties, le péril de l’ultralibéralisme, des libertés publiques rognées, la dérive de l’extrême droite ». Bref, « guère de bonnes nouvelles et donc pas beaucoup de raisons d’être optimiste ».
Après “La Caverne”, “L’inhumain”
Marié, père d’un garçon, François Dieux vit sa retraite à deux pas de la cité castelle dans le village de Bonneil. Gros lecteur, passionné de littérature, il s’est pris au jeu de la rédaction et a publié en 2022 un premier roman de 290 pages “La caverne” (Les impliqués Editeur) dont l’intrigue, policière, est irriguée de réflexions forcément… philosophiques. Un deuxième roman est quasiment abouti dont le titre annoncé “L’inhumain” donne une première idée d’un contenu largement inspiré de son expérience d’ateliers menés en milieu pénitentiaire. « Je suis un peu déconnecté du monde tel qu’il est devenu », dit, non sans humour, cet homme cultivé. Tout en admettant bien volontiers l’existence de ces “nouvelles cultures” avec lesquelles il n’est “pas en phase” ou tout simplement qu’il ne connaît pas vraiment. Propos modestes d’un philosophe éveillé.
➜ Le catholicisme en France, minoritaire, pluriel, en réinvention, par Philippe Clanché, journaliste dans la presse catholique depuis plus de 30 ans (samedi 24 octobre, Palais des rencontres à Château-Thierry) ;
➜ Le soufisme d’hier à aujourd’hui, par Jean-Jacques Thibon, professeur émérite en islamologie à l’Inalco (samedi 14 novembre, local du 7 rue de Gerbois) ;
➜ La très longue histoire de Gaza, par Jean-Pierre Filiu, professeur des universités en histoire du Moyen-Orient à Sciences-Po Paris (samedi 28 novembre, Palais des rencontres) ;
➜ Le bouddhisme, par Olivier Verstraete, retraité des Presses universitaires de France (samedi 5 décembre, Palais des rencontres) ;
➜ Le douanier Rousseau, du peintre du dimanche à figure de l’avant-garde, par Christine Feau, agrégée de lettres et conférencière en histoire de l’art (samedi 16 janvier 2027, Palais des rencontres).


